S'il y a une technique qui sépare l'atelier français du chantier minier australien, c'est celle-là. La bonne nouvelle : elle s'apprend, à condition de savoir qu'elle existe.
C'est le premier terme qui bloque. Dans les annonces on le trouve écrit air carbon arc gouging, arc-air gouging, parfois CAC-A, en français, le gougeage à l'arc avec électrode de carbone.
Le principe. Un arc jaillit entre une électrode en carbone-graphite et la pièce ; le métal fond, et un jet d'air comprimé intégré au porte-électrode chasse le métal liquide hors de la saignée. Courant continu pour l'acier et l'inox, alternatif pour le cuivre et le nickel. L'air monte jusqu'à environ 7 bars.
À quoi ça sert. Essentiellement à enlever du métal vite et proprement :
- la reprise à l'envers (back gouging), gouger la racine d'une soudure avant de souder au dos ;
- l'élimination d'une surépaisseur de cordon ou d'un défaut interne détecté au contrôle ;
- la préparation de chanfrein ;
- et surtout, en maintenance, la dépose de pièces d'usure soudées.
C'est environ cinq fois plus rapide que le burinage, et c'est pour ça que les ateliers de reconstruction d'engins en vivent.
C'est réellement demandé. Trois annonces parmi d'autres : Bradken à Ipswich, dans le Queensland, exige « Carbon Arc back gouging for refurbishment work » ; WesTrac à Tomago, en Nouvelle-Galles du Sud, demande « Perform carbon and air arc gouging » pour un poste affiché à 50 dollars australiens de l'heure et plus, heures supplémentaires à partir de 76 ; une annonce de Perth réclame « Arc Air gouging » et une bonne lecture de plans.
Le référentiel. L'unité de compétence nationale correspondante est MEM05008, Perform advanced manual thermal cutting, gouging and shaping, « réaliser coupage thermique, gougeage et formage manuels avancés ». Elle couvre l'oxyacétylène, l'oxy-hydrogène, le plasma et l'arc carbone. L'unité de niveau inférieur est MEM05007.